Le FRN sera dirigé par Joseph Kabila, secondé par quatre vice-présidents, dont Bertrand Bisimwa, figure historique du M23, et Corneille Nangaa, ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante. Sultani Makenga conserve son poste de chef d'état-major avec le rang de vice-président.
Cette officialisation intervient peu après un discours critique de Joseph Kabila le 9 octobre, où il avait dénoncé la gestion du pays par Félix Tshisekedi, la corruption et les revers militaires dans l'Est. Le FRN déclare vouloir « fédérer et coordonner toutes les forces de résistance afin de mettre un terme à la tyrannie par tous les moyens, y compris la force ».
Les Nations Unies avaient anticipé cette restructuration dans un rapport de juin 2026, soulignant l'enjeu stratégique de présenter la rébellion comme un problème interne congolais. Félix Tshisekedi avait déjà accusé son prédécesseur d'être derrière l'AFC en août 2024 et l'avait qualifié de « véritable commanditaire » de l'opposition armée en février 2025.
En prenant officiellement la présidence de cette coalition, Joseph Kabila se positionne comme un acteur direct du conflit armé, marquant une rupture avec Kinshasa et redessinant le paysage sécuritaire et diplomatique. Trois questions majeures se posent quant au partage du pouvoir, à l'avenir des pourparlers de paix et à la réaction de la communauté internationale.